John McTiernan : leçon de mise en scène  posté le mardi 10 mars 2009 23:12

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John McTiernan

Leçon de mise en scène

 

 Predator : Avec Predator, apprenez à gérer un groupe de personne dans un environnement ouvert : la jungle, mais qui paradoxelment va se refermer comme un piège car cloisonner par un ennemi invisible. On voit déjà les contraintes imposés par un tel postulat. Apprenez aussi à donner une sémantique à l'image dans un final d'anthologie quasiment muet qui atteint une dimension mythologique. McTiernan va dépasser les attentes de la commande et des codes du genre et faire de Predator un classique instantané, LE survival ultime pour beaucoup.

 

 Piège de cristal : Avec Die Hard, apprenez à gérer la verticalité, à transformer les cadres et la valeur spatiale en casse tête géométrique. Le plan mathématiquement logique de Hans Gruber s'oppose aux pulsions chaotique de John McClane. Propulser l'homme prolétaire dans une situation impossible face à un terroriste aristo' (Die Hard lutte des classes ?) et le transmuter en une icone majeure du genre. Là encore McTiernan va imposer Piège de Cristal comme le parangon de l'actioner moderne jusqu'au milieu des années 1990.

 

 A la poursuite d'Octobre Rouge : Avec A la poursuite d'Octobre Rouge, apprenez à gérer l'horizontalité dans des espaces confinés à l'extrême (des sous marins).  Trouver aussi le moyen de captiver le spectateur pendant 2 heures sur des tractions politique / diplomatique en pleine guerre froide. Transformer enfin un livre complexe, en aventure quasi flibustière, Ramus interprété par Sean Connery devenant le pendant du Long John Silver de Stevenson. Meilleur film de sous marin jamais tourné.

 

 Last Action Hero : Avec Last Action Hero, apprenez à déconstruire un genre, l'actioner moderne, que vous avez vous même bati en caricaturant avec une ironie mordante les paradigmes vomit "ad nausem" par les concurrents en adoptant une forme cartoonesque. Mais fort d'une intelligence qui va bien au delà des conventions, proposer également une alternative à sa reconstruction dans sa seconde moitié par l'entremise de la réalité dans la fiction. Last Action Hero est également une belle déclaration d'amour au cinema en général.

 

 Une journée en enfer : Avec ce nouveau Die Hard - with a vengeance, véritable suite du premier opus, apprenez à tourner un blockbuster selon les principes formelle de la Nouvelle Vague : caméra épaule, tournage au milieu de la rue avec des passants. Donner l'impression de prendre l'action sur le vif tout en contrôlant parfaitement les cadres, les mouvements brusques. Injecter le maximum de réalisme à ce véritable rollercoaster herculéen qui est le film d'action terminal.

 

 Le 13ème guerrier : Avec Le 13ème guerrier apprenez à gérer le chaos des éléments naturel (comme la pluie, le feu, la boue) et à transformer une épopée évhémérique en pure chanson de geste, tout cela par le ressenti d'une mise en scène physique. Faite un film de résistant qui survivra quoi qu'il en coûte à une post production laborieuse et s'imposera comme un chef d'oeuvre épique rarement égalé qui continuera à faire fantasmer les cinephiles du monde entier sur ses scènes coupées.

 

 Thomas Crown : Avec Thomas Crown apprenez à faire un remake d'un film infinement supérieur à l'original. Retrouver le glamour et le classicisme d'un film Hawksien. Trouver une musicalité dans la mise en scène et le montage des plans. Induire sciemment par la forme à déduire les motivations réels des personnages alors que les dialogues nous disent clairement le contraire. Le caper movie le plus racé jamais fait ?

 

 Rollerball : Avec Rollerball, apprenez à livrer un produit brut, baroque, vulgo et sale qui se débarasse des apparats formelle pour lesquels vos anciennes oeuvres étaient louangées. Plus important, la plasticité sera le socle discursif et contestataire du film, sa rage incandescente à peine ternie par un remontage édulcoré qui travaille à plein régime dans le sens de sa rhétorique. Utiliser tout les moyens de "dégueuli" de l'image à votre disposition : night shot, jump cut à outrance, montage façon mtv, publicité agressive. Combattre le feu par le feu, déborder le système et se positionner en marge. Un peu suicidaire le père McTiernan, mais génial !

Cédric GENTAZ

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Tous les commentaires de l'article:
John McTiernan : leçon de mise en scène

  • babacool mer 11 nov 2009 18:50
    j'aime ton blog

  • babacool mer 11 nov 2009 18:50
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  • babacool mer 11 nov 2009 18:50
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  • Jean-Michel

    mer 28 oct 2009 23:26

    Et 'Nomads' (1985) avec Pierce Brosnan et 'Basic' (2003), non ?

  • Sonate mailto

    jeu 11 jun 2009 16:52

    Justesse et concision : on ne pouvait pas faire plus belle démonstration de l'importance capitale du filmer mctiernanien (pas très joli ça) dans le cinéma moderne.
    Sincèrement bravo, et merci !