
J'ajoute sur mon blog un article que j'avais effectué pour le site du cinéphile à l'époque de la sortie salle du Labyrinthe de Pan. Le grand oeuvre de Del Toro étant gorgé de symboles ésotérique et hermétique, en voici donc un humble glossaire non exhaustif qui peut servir à mieux cerner les arcanes du film.

(Pan / illustration de Carlos Schwabe)
Pan (le faune) : Il est le dieu des cultes pastoraux, d'apparence à moitié humaine, moitié animale. Il est à l'affût des nymphes et jeunes garçons qu'il assaille sans égard. Pan signifie "tout", son nom lui fut donné par les dieux car il incarne une tendance propre à tous l'univers. Son père est Hermès. Son principal attribut est la fécondité de la nature mais de nombreuses qualités lui furent ajoutés dans les légendes : médecin, guérisseur et prophète (il guide Ofélia, énonce les règles des épreuves initiatiques et guérit la mère à l'aide d'un mandragore). La mort de ce dieu total représente la fin du paganisme et des anciennes pratiques ésotériques au profit du christianisme. L'expression "Pan est mort" est devenu d'usage pour exprimer la dissolution d'une société arrivée au plus bas. Nous pourrions y voir une analogie avec le fait que le franquisme traduit une descente de la société au nadir, puisque le régime de Franco incitait à l'obscurantisme, guidé par une raison conservatrice - catholique.

(Labyrinthe de la cathédrale de Chartres ou mandala)
Labyrinthe : Le labyrinthe a de multiples interprétations. Il est le cheminement vers le centre de soi - même, le seuil caché de la personnalité et des profondeurs de l'inconscient. Pour accéder en son milieu, il faut être l'élu qui a passé les épreuves d'initiations. La transformation du moi qui s'opère au centre du labyrinthe marquera la victoire du spirituel sur le matériel et de l'éternité sur l'éphémère. Pas besoin de développer davantage pour souligner l'image incarnée qu'en a donné Guillermo Del Toro dans son film. (Pour les plus entreprenant, voir la concordance entre l'image psychique du mandala telle que Carl Gustav Jung l'a si brillamment démontrée et la symbolique du labyrinthe).















A la vue des différents trailers, les
internautes geek toujours avide de lançer des avis
péremptoires sur leur infini savoir du language
cinematrographique, n'ont pas hésité à
qualifier et à éthiqueté Speed Racer comme
simple rejeton de Spy Kids de Robert Rodriguez, ou encore de
Charlie et la chocolatrie de Tim Burton, prouvant par la même
leur total incompréhension a saisir un dispositif de mise en
scène pensé. Car il est inutile de voir Speed Racer
pour affirmer haut et fort qu'un seul plan du film des
frères Wachowski vaut bien dix Spy Kids en
brochette.
possiblités de sa
caméra sur ses environnements texturés de
la trilogie Spy Kids. Il s'est contenté de poser
sa mise en scène inerte sur des surfaces sans
relief qui ont pour effet de désamorcer les
specificités du support, résultat
? Aplanissement des surfaces, pas d'organisation du regard
dans la profondeur de champ et des perspectives (encore
faudrait il qu'il y en aient !), et une vitalité du
ressenti inexistante. Soit exactement tout l'inverse de
la démarche artistique des Wachowski. La preuve la plus
éclatante étant justement les trailers
incriminés, pour ceux qui savent lire entre les images la
claque est juste monumentale (on peut le dire sans trop se mouiller
c'est même du jamais vu !).
Pour ce qui est de
l'esthétique de Charlie et la chocolatrie, laissons les
images parlées d'elle même, si ce n'est un univers
coloré on ne voit absolument aucun rapport entre les
deux oeuvres que ca soit dans leur partie pris plastique,
aussi bien que dans leur ambition, même si les deux peuvent
se vanter de taper dans la catégorie tout public. Il ne
faudrait pas voir à mélanger le rococo de
fêtes foraine à une oeuvre pop revendiqué.
A la fusion de divers media Speed
Racer semble bien parti pour synthétisé avec une
éclatante audace près de 10 - 15 ans de
tripatouillages dans les adaptations plus ou moins glorieuses de
bds, mangas, comics et animés en live, et ainsi livrer le
film terminal ou séminal du genre. Réponse sur la
ligne de départ le 18 juin, vroum, vroum...Here we go
!


