Speed Racer, slow down !
Comme je vous l'avais promit la dernière fois, je vais vous parlez de Speed Racer (adaptation live de la série animée japonaise éponyme créer par Tatsuo Yoshida) que Larry et Andy Wachowksi viennent juste de finaliser pour la sortie nord américaine prévu le 8 mai prochain. De notre côté chers lecteurs français il faudra patienter jusqu'au 18 juin pour pouvoir admirer le bolide plastique orgiaque que s'annonce Speed Racer.
Etant donné que nous n'avons pour le moment aucune info visuelle sur Avatar de James Cameron, excepté que le film devrait mélanger à peu près tout ce qui se fait en matière de SFX et de nouveaux procédés de mise en scène et bien plus encore, il nous faut nous concentrer sur notre futur le plus immédiat de notre medium chéri, je veux bien entendu parler de Speed Racer pour les retardataires.
A la vue des différents trailers, les
internautes geek toujours avide de lançer des avis
péremptoires sur leur infini savoir du language
cinematrographique, n'ont pas hésité à
qualifier et à éthiqueté Speed Racer comme
simple rejeton de Spy Kids de Robert Rodriguez, ou encore de
Charlie et la chocolatrie de Tim Burton, prouvant par la même
leur total incompréhension a saisir un dispositif de mise en
scène pensé. Car il est inutile de voir Speed Racer
pour affirmer haut et fort qu'un seul plan du film des
frères Wachowski vaut bien dix Spy Kids en
brochette.
En bon petit branleur, Rodriguez n'a jamais
ajusté les moyens expressifs des
possiblités de sa
caméra sur ses environnements texturés de
la trilogie Spy Kids. Il s'est contenté de poser
sa mise en scène inerte sur des surfaces sans
relief qui ont pour effet de désamorcer les
specificités du support, résultat
? Aplanissement des surfaces, pas d'organisation du regard
dans la profondeur de champ et des perspectives (encore
faudrait il qu'il y en aient !), et une vitalité du
ressenti inexistante. Soit exactement tout l'inverse de
la démarche artistique des Wachowski. La preuve la plus
éclatante étant justement les trailers
incriminés, pour ceux qui savent lire entre les images la
claque est juste monumentale (on peut le dire sans trop se mouiller
c'est même du jamais vu !).
Non content de botter le cul à leurs concurrents en leur montrant comment faire joujou avec du numérique (utilisant la technique de la 2D 1/2 poussée dans ses retranchements, mélange sophistiqué d'acteurs réels filmé sur des fonds verts et un système de projection en direct à 360°), un contingent de 300 animateurs travaillent comme des acharnés afin de retranscrire aux traits près les effets d'accélérations des lignes de fuite propre à toute animé japonais. Là où un Rodriguez aurait planté sa caméra sans recherche sensorielle, les Wachowski accompagne l'impulsion des effets à l'aide d'une profondeur de champ multicouche et des mouvements de caméra révélant toute une science de construction du cadre qui laisse très loin les petits faiseurs comme Rodriguez et Snyder (300 même inertie de la réalisation que dans Spy Kids et Sin City, impossibilité totale de penser en tridimension) pour ne citer qu'eux. Exemple sur la photo en dessous : gros plan sur le personnage de Speed Racer, ligne de fuite qui accélère à l'arrière plan, pano de la caméra de gauche à droite, le personnage laisse entrevoir un second arrière plan d'une course dont il est le pilote principal sur du sable avec une perspective fossée par des virages monstrueux, renforcant la profondeur de champ.
Pour ce qui est de
l'esthétique de Charlie et la chocolatrie, laissons les
images parlées d'elle même, si ce n'est un univers
coloré on ne voit absolument aucun rapport entre les
deux oeuvres que ca soit dans leur partie pris plastique,
aussi bien que dans leur ambition, même si les deux peuvent
se vanter de taper dans la catégorie tout public. Il ne
faudrait pas voir à mélanger le rococo de
fêtes foraine à une oeuvre pop revendiqué.
A la fusion de divers media Speed
Racer semble bien parti pour synthétisé avec une
éclatante audace près de 10 - 15 ans de
tripatouillages dans les adaptations plus ou moins glorieuses de
bds, mangas, comics et animés en live, et ainsi livrer le
film terminal ou séminal du genre. Réponse sur la
ligne de départ le 18 juin, vroum, vroum...Here we go
!
Cédric GENTAZ
Cedric
dim 01 fév 2009 23:17