Run motherfucker run !
N'ayez crainte je ne vais pas vous parlez de Snoop Dog et encore moins de rap n'étant pas du tout calé sur le sujet.
Nous sommes ici pour évoquer un évènement beaucoup plus important. Rien de moins que le retour derrière la caméra du plus grand cadreur au monde, je veux bien entendu parler de John McTiernan. Disparut dans les méandres de l'enfer des "development hell" des studios Hollywoodien depuis ses échecs au box office que furent ses derniers films (Rollerball et Basic), McTiernan devait aussi remédier à quelques problèmes judiciaire dans l'affaire Pellicano. Ne revenons pas sur ce sinistre scandale ou le grand John avait mit son producteur de l'époque Charles Roven sur écoute pensant que ce dernier était entrain de défigurer par d'odieux procédés bureaucratique Rollerball qui fut le désastre critique et public que l'on sait (doublement douloureux que le film ne le méritait absoluement pas). Au final, même sans cette précaution (peu judicieuse certes), le métrage subit une coupe sévère aussi bien au niveau budgétaire et scénaristique (le dernier tiers avec la révolution armée dans les rues) qu'au niveau de son contenu en table de montage (édulcoré de toute nudité et sang lors de son exploitation salle). De bien vile conjoncture au vu des ambitions du remake du film bourgeois pseudo intello de Norman Jewison !
Mais revenons au présent, alors que McTiernan a trainé depuis Basic (2003) sur une succéssions de projets avortés (Deadly exchange, High Stakes, Honor Harrington), et qu'on ne croyait plus à sa participation au film Run annoncé l'année dernière avec Karl Urban pour la société Arclight films, les choses bougent enfin. Sortie de son imbroglio judiciaire, le maitre va enfin se remettre au boulot dès le 14 avril prochain en Argentine pour un budget de 35 millions de dollars. Et c'est bel et bien avec Run que McTiernan trouvera une issue sur nos écrans en 2009. Karl Urban, acteur monolithique au possible à été remplacé par le plus sympa et geeké (selon certains) Thomas Jane !

Le postulat de départ est simple, un agent d'Interpol est à la poursuite d'un suspect dans une affaire de meurtre. Il découvre au passage une importante conspiration frauduleuse. Le plus intéressant est le concept même du film, dont le scénario contiendrait rien de moins que 100 pages de courses poursuites automobile. Si l'on en croit le producteur, Run s'annonce comme "Un véritable thriller teinté d'action dans la plus pure tradition du cinéma de McTiernan avec d'époustouflantes cascades dans des endroits exotiques... Il y aura une poursuite de voitures proprement spectaculaire !". Il n'en faut pas plus pour avoir des montées d'adrenaline, on annonce près de 51 minutes de tutures en mode vroum vroum tout cela sublimé par McTiernan qui on l'espère aura cette fois la pleine possession de ses moyens (c'est a dire le final cut pour ceux qui n'aurait pas suivit). On rappel que Jan De Bont à l'époque de son Speed (1994) avait reçu officieusement l'aide précieuse de John McTiernan pour rendre plus musculé et habile son film dont on dit que McT aurait supervisé toujours dans l'ombre certaines séquences.
Pour fournir l'attirail de caisses necessaires à ce qui s'annonce comme un beau carnage en régle de taules froissées, des BMW et une Ford Super Mustang dernier cri seront de la partie. Relegué dans l'ombre de ses insuccès (enfin merde c'est le réalisateur de Predator, Die Hard 1 et 3, The 13th warrior), l'ensemble du systeme hollywoodien le condamne à devoir refaire ses preuves (du moins sur un plan financier). L'un des plus brillants "director" americain est donc dans l'obligation de regravire une à une les marches de la "bankabilité" pendant que des Len Wiseman, Brett Ratner et autres tacherons décrochent des budgets pharaoniques à tour de bras (même le fantôme de Ridley Scott disparu depuis Legend -1985 - continue a avoir de gros chéques pour tourner des choses plastiquement insignifantes - Une grande année et American Gangster sont ses deux derniers crimes !). Mais que voulez vous, nul n'est prophéte en son pays ! Run John run... .

Cédric GENTAZ