Avatar - révolution copernicienne ?  posté le vendredi 16 janvier 2009 16:12

 

(Attention les posters, photos, concept arts, artworks ou toute autre images censées représenté un contenu du film sont pour le moment fausses. Aucun document officiel n'a à ce jour filtré sur la tenue graphique d'Avatar ! (en date du 16 janvier 2009)

 

12 ans, cela fait 12 ans que James Cameron n'a pour le moment plus fait parler de lui ouvertement aux yeux des médias grand public après son succès historique planétaire que constitue Titanic. Malgré tout la communauté geek et cinephilique est en émoi. Depuis 2007, James Cameron a entamé le tournage de son prochain long métrage Avatar, un film de science fiction que le metteur en scène annonce révolutionnaire. Nous allons essayer de voir en quoi, un tel projet va influer à plus ou moins long terme sur l'industrie du cinema mais aussi en terme methodologique dans la production des films à venir.

 

Depuis début 2000, James Cameron s'est associé à un grand technicien de l'industrie Vince Pace pour créer une caméra numérique d'une nouvelle génération. Après presque six ans de developpement et de recherches, la Fusion 3D camera est née. Cette caméra ne permet pas seulement de tourner en très haute définition permettant un transfert dans un format qualitatif proche du 70 mm, c'est à dire idéal pour l'IMAX et sa définition 8K, elle ouvre surtout une sphère inédite au metteur en scène afin de tourner et penser son film en 3D stereoscopique. La 3D stéréoscopique réstitue la vision humaine avec deux objectifs (2 yeux) qui enregistrent simultanément l'image, afin de casser comme dirait l'autre le 4eme mur et obtenir une profondeur de champ et de volume.

 

 

Le scénario écrit par James Cameron en personne est une sorte de Nouveau Monde Malickien dans l'espace en un peu plus musclé quand même. Avatar sera en effet, une oeuvre qui combine grosse guerre intergalactique et conscience écologique. Alors que la Terre est devenu inhabitable, un groupe militaro industriel est partie à la recherche de nouvelles planètes afin d'en extraire des ressources naturelle. Jack Sully (Sam Worhtington), un ancien Marine paraplégique va se voir contraindre d'aider à la colonisation de l'écosystème de Pandora. Pour cela il sera un avatar, c'est a dire un esprit transféré dans un corps étranger. Il va découvrir un univers inédit et l'amour au contact de la princesse des Na'vi (Zoe Saldana). Elle deviendra son mentor spirituel. Il luttera ainsi pour sa survie et celle du peuple de Pandora.

 

 

Le tournage a démarré en décembre 2007 simultanement à Los Angeles, la Nouvelle Zélande et Hawaï et n'aura duré qu'un mois et demi tout au plus. James Cameron travaille en effet en performance capture, le fameux système révolutionnaire inauguré par Robert Zemeckis et les chercheurs de Sony pictures imageworks sur Le pôle express et La légende de Beowulf. Ce fameux procédé libére les acteurs de la caméra et des placements, ils jouent comme au theatre, car leurs performance est directement enregistré par l'ordinateur et non plus une caméra. Neanmoins James Cameron a retravaillé ce système et va le fusionner à des imageries à base de prise réelle haute définition, promettant un rendu 100% réaliste des personnages en CGI. Spielberg et Jackson qui s'étaient déplacé sur le plateau d'Avatar n'ont pas mit longtemps à être convaincu du résultat, puisqu'ils tourneront l'adaptation du Tintin de Hergé à l'aide de cette même methodologie scénique. La performance capture libére considérablement le metteur en scène dans ses choix, dorénavant les stades de production et post production se retrouvent fusionner dans une même étape. Epaulé par un budget officieux record qui avoisinerait les 300 millions de dollars, James Cameron malgré son poids aussi bien financier qu'artistique, n'a pourtant pas le droit à l'erreur au vu des ambitions.

 

 

Avatar devrait donc proposer des prises de vue réelle réduite à leur minimum, afin de nous faire découvrir un écosystème entiérement créer pour le film dans ses moindres détails, Cameron veut une immersion totale. Les Na'vi les habitants de la planète Pandora feront dans les 2m50 - 3 m, ils auront leur propre language et la capacité à l'aide de leur cheveux ou d'une sorte de tige organique de communiqué avec leur environnement et les différente formes de vie qui peuplent Pandora. Ce niveau de perfection obsessionnel chez le cinéaste explique la très très longue post production de près de deux ans pour un film dont la sortie est prévu le 16 décembre 2009 chez nous et le 18 dans le reste du monde.

 

Le risque lorsque l'on se confronte à ce type de nouvelle expérience, serait de voir un rejet épidermique du grand public, rappelons que l'année dernière, le film le plus avant gardiste qui donnait un bref aperçu du futur de notre medium chéri fut le bide le plus retentissant parmi les blockbusters sorties sur les écrans. Je veux bien entendu parler de Speed Racer de Andy et Larry Wachowski. Un film qui est aujourd'hu cité en exemple par un certain David Fincher ! Pour profiter pleinement de la révolution qui s'annonce la france devra quant à elle commencer à s'équiper rapidement en premier lieu en numérique et ensuite en 3D. Rappelons qu'aux Etats Unis, les gros studios americain parfaitement conscient des nouvelles potentialités d'un changement aussi bien artistique que de diffusion n'hésite pas à mettre la main à la poche afin d'accelerer le mutation de l'argentique vers le numérique. En france les gros groupes comme Pathé et Gaumont n'ont pas de soucis à se faire, mais c'est encore les indépendants et petit complexe qui au final devront régler la facture. Pendant ce temps là, le CNC distribue toujours autant de crédits pour soutenir des projets anecdotiques à la tronche de téléfilm confié à des analphabétes de l'image (soit que des comédies ou des drames sociaux). Triste à voir dans un pays qui vit la naissance du 7ème art mais qui depuis 20 ans en est toujours resté à supporter du Rohmer {#}.

 

 

La route vers la sortie d'Avatar est encore longue, des perspectives changeantes s'ouvrent au media qui va connaître une transformation sans précédent dans les années à venir. Avatar pourrait alors être le prophète cinematographique qui va ouvrir la voie vers des possiblités quasi infinie en terme de spectacle et d'expérimentation futur. Si il est à la hauteur des espoirs et de la note d'intention de James Cameron et son équipe, il n'y pas de raisons pour rater le rendez vous avec le grand public. Il le doit !

 

Cédric GENTAZ

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Basil Poledouris (1945 - 2006)  posté le mardi 06 janvier 2009 11:45

 

 J'aimerais aujourd'hui attiré l'attention sur l'un des plus grand compositeur de musique de film qui est décédé en 2006 après une longue maladie : Basil Poledouris. Peu connu du grand public, il mérite une place d'honneur pour tout bophile qui se respecte.

 

Basil nait le 21 aout 1945 à Kansas City / Missouri, dès l'âge de 7 ans il est initié à la musique au piano. Il délaissera plus tard ses études de musique pour se consacrer au cinema. Il pense que le cinema permet à la musique d'atteindre une nouvelle sphère dans l'application de son art. Il va réussir à faire sa place à Hollywood grâce au score surpuissant et indépassable que constitue Conan le barbare en 1982 pour le film de John Milius. A la fois épique, lyrique, opératique, cette bande originale qui a traumatisé des milliers de cinephile reste un joyau quasi sans équivalent dans l'héroic fantasy sur grand écran, si l'on excepte les trois orchestrations d'Howard Shore pour Le seigneur des anneaux.

 

 

Il collabore ensuite avec Paul Verhoeven sur La chair et le sang (1985) puis sur l'ost (original soundtrack) de Robocop (1987). En 1989, il livre un beau score pour Milius avec Farewell to the king (L'adieu au roi). Au début des années 90, le maître va se tourner vers des films moins spectaculaire, et orchestré les partitions pour Le lagon bleu et Sauvez Willy qui ne démérite pas dans leur genre. A ce titre le love theme du Lagon bleu (The Blue Lagoon) est vraiment sublime. Entre temps il aura marqué son empreinte dans l'univers du grand John McTiernan, avec sa composition pour A la poursuite d'Octobre Rouge en 1990, magnifique orchestration à base de choeur russe.

 

 

Le grand retour de Poledouris ce fait avec Starship Troopers en 1997 qui lui permet de retrouver le metteur en scène Paul Verhoeven. Juste avant Basil aura livré une sorte de testament pour l'ouverture des JO d'Atlanta en 1996, une pièce de 6 minutes nommée "The tradition of the game", qui nous fait voyager de l'orient à l'occident, porté par un cortège de voix transcendantal.

 

Après avoir donné un concert de sa musique pour Conan le barbare en juillet 2006 à Ubeda en Espagne, Basil Poledouris s'est éteint le 8 novembre 2006 à Los Angeles des suites d'un cancer.

 

Cédric GENTAZ

 

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Best of 2008 !  posté le dimanche 04 janvier 2009 23:27

C'est fait l'année 2008 est dorénavant derrière nous et je ne résiste pas à vous faire mon top ten ciné de ces douze mois écoulés. J'en profite également pour glisser quelques coups de coeur personnel sur divers support. Et comme vous pouvez le deviner à la vue de la video musicale en haut de page, Speed Racer sera bel et bien à l'honneur.

 

Commençons par le top ten ciné 2008 :

 

A tout seigneur, tout honneur :

1) Speed Racer des frères Wachowski

Très très haut la main Speed Racer des frères Wachowski prend donc la tête de liste. Dénigré, conspué, assassiné aussi bien par les critiques que par son public, Speed Racer est un film d'un tel avant gardisme qu'il était difficile pour une oeuvre pareille de trouver son audience. A vrai dire, ce film est LE seul à réussir la fusion inter-média fantasmé depuis des années entre le jeu video, les mangas et le cinema. Soit les 3 mouvements majeurs de culture populaire à l'aube du XXI ème siècle. Non seulement les Wachowski sont les premiers à intégrer clairement le language du manga et du jeu video à une oeuvre cinématographique, en évitant l'écueil du clin d'oeil bas du front aux geeks pour en faire des moteurs consubstantiels de la narration, mais en plus de ça Speed Racer déborde d'une générosité et d'expérimentation formelle à faire palire la faible concurrence. Vu sur grand écran et dans des conditions optimales, vivre le film devient dans son finale une expérience orgasmique. Sensations quand tu nous tiens. Evidemment les plus aigris et cynique y auront vu de la naïveté là ou il fallait y voir une sincérité à tout épreuve dans une ode cathardique sur la bonté et le dépassement dans le sens noble du terme (la transcendance) qui va à contre courant d'absolument tout ce que prône hollywood actuellement. A savoir l'individualisme primaire au détriment du ciment de la cellule familiale et de la communauté sociale, de la réussite par le clinquant et le fric ainsi que l'écrasement de la concurrence à n'importe quel prix. Speed Racer est l'anti thèse parfait des blockbusters nouvelle génération, dévitalisé, renfermé, et sans âme, c'est un concentré cinétique qui nous renvoie béat à notre enfance lorsqu'on faisait 'mu-muse avec nos hot wheels. Ne passez pas  à côté d'un film avec un coeur énorme, que du bonheur. Vous ne saviez pas que les pancakes n'étaient qu'amour ?

 

La suite du classement :

 

2) Hellboy 2 - Les légions d'Or Maudite de Guillermo Del Toro

Un film avec des freaks qui tombent amoureux et qui sauvent le monde, c'est beau l'amour !

 

3) Wall E - Pixar studio - Film de Andrew Stanton

Un film avec des robots qui tombent amoureux et qui sauvent l'humanité, c'est beau l'amour !

 

4) L'échange de Clint Eastwood

5) Tonnerre sous les tropiques de Ben Stiller

6) Semi Pro de Kent Alterman

7) La cité de l'ombre de Gil Kenan

8) John Rambo de Sylvester Stallone

9) Phénomènes de M. Night Shyamalan

10) Appaloosa de Ed Harris

 

La musique de film de l'année : Speed Racer de Michael Giacchino

Je vous conseille à ce titre d'écouter le morceau "reboot" tiré de l'album que j'ai mis en tête d'article.

 

Livre de l'année 2008 : Les enfants de Hurin de JRR Tolkien

Le destin de Turin Turambar a déjà été longuement évoqué dans le Silmarillion (le livre biblique de JRR Tolkien), mais nous est parvenu dans le courant de l'année sous une nouvellle forme. Christopher Tolkien le fils du celebre professeur à eu l'idée de rassembler les différents documents nécessaire afin de  donner à l'oeuvre un arrangement continu et unitaire dans son récit. Le résultat est une chanson de geste entrelacée à un style courtois que peu de livre contemporain arrive à égaler. C'est à dire à la fois tragique et épique et tout simplement immense. Enluminé par le très talentueux Alan Lee voici donc le retour du maître de la fantasy moderne qui vient donner une grosse correction à ses concurrents. Aussi précieux qu'indispensable.

 

Le Blu ray / DVD de l'année :  La belle au bois dormant edition spéciale 50ème anniversaire qui est ressortie au mois de novembre en dvd et blu ray, est le premier film animé transféré en haute définition chez Disney. Ce chef d'oeuvre intemporel, d'une beauté graphique sidérante est à mes yeux le niveau d'animation le plus haut qu'ait atteint le studio aux grandes oreilles. Il fait partie de la sainte trinité de la période golden age de Disney, à savoir : Blanche Neige et les 7 nains, Pinocchio et donc ce film ci.

 

Je souhaite également à mes lecteurs une bonne et heureuse année 2009 !

 

Cédric GENTAZ

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Siegfried - le crépuscule des idoles  posté le jeudi 25 septembre 2008 18:19

 

Je vais vous parlez d'un véritable coup de coeur bedephilique, il s'agit ni plus ni moins à mon humble avis que du meilleur titre réalisé en 2007 tout genre confondu dans le monde du 9ème art. En premier lieu  je tiens à souligner que le site du cinéphile pour lequel je redigais encore l'année dernère, fut le seul site cinema à vous parlez en avant première du futur long métrage d'Alex Alice, Siegfried - Le crépuscule des dieux (sortie prévue 2010 - 2011) avec l'aimable autoristation du studio Pendragon Imageforge. Film qui devrait conclure la parution de l'oeuvre papier par un lever de rideau dans les salles obscures. Si vous n'avez pas encore découvert le magnifique trailer accompagnant le lancement de l'album je ne saurais que trop vous conseillez de vous ruez dessus toute affaire cessante (la video accompagne l'article) afin de retrouver une brise élègiaque mythique digne héritière de l'Excalibur de John Boorman, et cela seulement en quelques plans iconiques, sans oublier l'aide précieuse de la musique de Richard Wagner et Gustav Holst.

 

Mais revenons à la bande dessinée. Le premier volume de Siegfried sortie en octobre 2007 est un chef d'oeuvre d'une ambition peu commune. Bien décidé à rendre intelligible par le ressenti la complexité du mythe de l'anneau des Nibelungen, Alice à travailler ses cadres dans un découpage majestueux, leur donnant une sonorité opératique ainsi qu'une force narrative saissante (à noter ce jeu de contraste constant entre la glace et le feu : les éléments cosmognique immanents dans la tradition nordique), lui permettant d'avoir recours à un minumum de dialogues, la grande classe. Ayant étudié et recherché avec assiduité ce qui fait d'un mythe un mythe justement, Alice à élagué l'environnement complexe de la mythologique germanique (la Volsunga saga, le Nibelunglied et l'Edda) pour ne retenir et saisir que les moments fondateurs. Nous aurons evidemment droit à une énième quête initiatique, mais il s'agit ici de revenir vers les archétypes primordiaux pour toucher à l'inconscient collectif de façon dialectique (réouvrir un espace hiératique à notre raison profane). Autrement dit débusquer les symboles éternels cachés par-delà la fôret (la conscience). Le pari risqué et audacieux est largement réussit sur ce premier chapitre d'une trilogie dont on en peut plus d'attendre la suite. Le deuxième volume La walkyrie prévue normalement chez Dargaud en fin d'année a été décalé au premier trimestre de l'année prochaine. Nous pouvons donc supputer que Le crépuscule des dieux, la conclusion du triptyque n'arrivera en librairie qu'en 2010. 

Une nouvelle fois la structure des étapes d'initiations aura été puisé dans le tronc commun de l'aventure héroïque telle que synthétisé par Joseph Campbell dans son livre Les héros sont éternels. La pureté presque archaïque - mais non prosaïque - de la narration d'Alice pour Siegfried en fait un classique instantané, un futur maître étalon. Car ne doutons pas que l'ensemble de la trilogie atteigne les cimes du Walhalla. Si ce premier chapitre trace solidement le chemin, le programme des réjouissances s'annonce extatique : combat contre le dragon (Fafnir), dépassement de la figure du Père (Odin), rencontre avec la déesse (Brunhild) et l'apothéose (le don d'amour). Nous pourrons ainsi assister en pleine lumière à la lutte éternelle qui se joue dans l'ombre (en nous même), et être témoin du crépuscule des idoles.

 Cédric GENTAZ

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Matrix révolutions - Le désert du réel  posté le samedi 06 septembre 2008 13:39

Je vais essayer d’expliquer un point fondamental de Matrix Revolutions qui devrait éclairer les derniers résistants à une théorie longuement vantée par certains, et dont après avoir retourner dans tous les sens les solutions et paramètres logique, me semble être la seule et unique issue.

 

L’être humain dans sa forme créer, à une vision phénoménale limitée des choses. La réalité qu’il pense être la seule et unique, est une interprétation complexe de nos 5 sens. Mais nos sens sont justement finis. Par exemple, les couleurs que nous percevons, sont le résultat de la décomposition chimique de la façon dont notre oeil interprète la lumière qui vient frapper les objets et renvois l’information au cerveau en nuances. L’oeil impose donc à l’esprit sa manière arbitraire de voir les choses, autrement dit, nous faisons une expérience de la réalité qui n’est qu’une subjectivité de nos sens, on sait que les animaux par exemple n’ont pas la même perception que nous. Là où nous croyons savoir ce qu’est le réel, il nous faut admettre qu’il ne s’agit que d’un empirisme trompeur dû à notre condition d’être humain, et que nous évoluons donc dans l’inconnu.

 

 

De ce fait, il fallait que Neo devienne aveugle, car il n'y a qu'en faisant l'expérience de la cécité que l’Elu pouvait atteindre le dépassement de la compréhension de l'univers. Pour ceux qui n’aurait toujours pas saisit, dans Matrix Reloaded, juste avant que Neo n’embarque sur un vaisseau, le Kid arrive vers lui en courant pour lui remettre un message d’un des enfants, en lui disant "Qu’il comprendrait". Il s’agit de la cuillère du premier Matrix, sauf que cette dernière est usitée, pour montrer qu’il s’agit de la réalité. Vraiment ? Neo regarde le Kid pensif, et semble ne pas trop saisir, tout comme le spectateur un peu expectatif. Le message du jeune prodige du premier Matrix, était pourtant simple : “La cuillère n’existe pas.” Neo tout comme le spectateur, borné et trompé par ses sens (ses yeux) refuse d’admettre l’implacable logique de cette scène : “La cuillère n’existe pas !”.

 

 

 

Sinon comment expliquer que Trinity puisse faire revenir Neo à la vie à la fin du premier film alors qu’elle n’est pas connectée à la Matrice ? Perséphone nous démontre dans le second opus qu’il peut y avoir interaction et échange d’information sur un simple baiser, à condition d’être relié au système ou d’en faire partie. Comment expliquer que Neo arrive à arrêter les sentinelles ? Certes car le pouvoir de l'Elu transcende la barrière des mondes, mais il n’y a pas que ça.  La trilogie Matrix fonctionne entièrement sur une compréhension logique de sa sémiotique. Pour bien enfoncer le clou les Wachowski vont jouer une démonstration perverse dans Matrix révolutions, car ils vont encore tromper le spectateur sur le ressenti émotionnel d’une scène, pour parasiter leur raison.

 

Lorsque Trinity et Neo sont en route pour Zero One, Trinity passe à un moment au dessus des nuages pour voir apparaître le soleil dans un instant éphémère (ciel obscursit =  voile de la conscience). Neo étant aveugle il ne peut hélas pas pas en profiter. Interprétation sentimentale : C’est trop bête Neo est aveugle et n’a pas pu voir le soleil. En plus le ciel est assombrit depuis des années, c’était le moment ou jamais. Interprétation logique pour ceux qui ont suivit depuis le début : Trinity n’a pas vu le soleil, ce n’est pas la réalité. Nous sommes trompés par nos sens.

Les Wachowski, quelques minutes plus tard, nous montre Neo sillonnant un monde dorée organique, et trouve au final un soleil au bout du chemin. « Il y a une différence entre connaître le chemin et arpenté le chemin ». Bien entendu aucun spectateur ne sera venu remettre en cause ce qu’il tient toujours pour acquis, il y a la matrice et la réalité, un point c’est tout.

 

 

Et pourtant, en ne voyant plus la réalité, Neo aperçoit une sous réalité, les choses en soi, un monde de l'esprit ! C'est comme une analogie de Bouddha qui arpente ses différentes transmigration pour toucher à l'universel, à l'esprit de l'univers, au nirvana (ce n'est pas un hasard si un lotus apparaît en filigrane lorsque le "Deus Ex Machina" emporte la dépouille de Néo, c'est un signe d'éveil en Inde, d'épanouissement spirituel en Orient, et comme par hasard un symbole de renaissance et du soleil en Egypte).

 

Rappelons deux couplets de Neodammernug (le crépuscule de Neo), morceau composé par Don Davis, qui reprend des textes d'Upanishad, écrit vedique sacré en inde très justement traduit par Rafik Djoumi sur www.matrix-happening.net, je cite :

 


De l'illusion guide moi vers la vérité.
Des ténèbres guide moi vers la lumière.
De la mort guide moi vers l'immortalité.

Au-delà des sens il y a l'esprit,
Au-delà de l'esprit il y a la raison.
Au-delà de la raison il y a l'Esprit de l'Homme
Et au-delà de tout, il y a l'Esprit de l'Univers, le créateur universel


Nous pourrions aussi y voir une analogie avec le mythe d’Orion. Le chasseur géant devient également aveugle, et si il veut retrouver la vue, il doit marcher vers l’est, en direction du soleil. Dans Matrix, Zero One la ville des machines se trouve dans le bassin mésopotamien, c’est à dire à l’est. Lorsque Neo arrive aux confins du monde connu, le Deus ex machina se présente à lui sous forme de soleil incandescent. Orion dans le mythe tombe ensuite amoureux de Eos (l’aurore) mais finit tuer par Artémis, néanmoins il trouve l’éternité en étant changer en constellation. N’est ce pas au final ce qui arrive à Neo ?

 

 

Neo devient immortel à la fin du film, l'anomalie s'est fondue dans le programme, IL est à la fois le début et la fin de l'équation (l'alpha et l'omega) de stabilisation de la Matrice, il l'équilibre. Mais pour revenir au début du paragraphe il était essentiel que Neo devienne aveugle par pure nécessité mythologique et symbolique plus que narrative. 

 

Rappelons également la métaphore de la "caverne" de Platon qui peut être dupliqué par ce procédé ci à la trilogie : Matrice - monde réel, monde réel – sous réalité. Soit le chemin vers la lumière, la connaissance, la vérité et l'immortalité.

 

Cédric GENTAZ

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