La Walkyrie  posté le lundi 31 août 2009 13:04

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C'est fait Siegfried II - La Walkyrie d'Alex Alice est sortie chez tous les libraires de France le 28 aout dernier. Après presque deux ans d'attente, il est temps de repartir à l'aube des temps, ou la fôret de l'est au bout du monde est encore habité par les esprits des origines, ou les éléments se fondent à la terre et l'homme à son inconscient.

 

Le premier volume de Siegfried était un modèle de mise en place, un chef d'oeuvre esthétique d'une puissance écrasante. La question était de savoir si Alice pourrait tenir la barre aussi haute par la suite. Bien entendu pour ceux qui avait décrypté les intentions de l'auteur à travers l'interview de la verison collector, la bande annonce et ce premier chapitre, le doute n'était pas permit. Coupons net à toute spéculation d'ordre critique, Siegfried II - La Walkyrie est de nouveau une formidable leçon de bande dessinée qui écrase 95% de la concurrence fantasy sur le marché. Alice à un talent de story teller incroyable, couplé à une mise en page et un dessin d'une expressivité digne d'un story board de cinema (on pense graphiquement souvent à Legend de Ridley Scott). Alice sait utiliser la largeur aussi bien que la hauteur de ses planches (voir pages 38/39 et 60). Ajoutez à cela une influence du romantisme picturale allemand à la Caspar David Friedrich, des personnages iconiques gravés dans le marbre à la Frank Frazetta (La Walkyrie blème de teint à la chevelure rousse est la déesse fantasmée de mes nuits), et on a là une oeuvre d'heroic fantasy à l'aura définitive, appelé à faire autorité.

 

 

Ce deuxième volume suit le parcous initiatique de Siegfried à travers le monde, de la traversée de la forêt interdite et des marécages (la rencontre avec la sorcière est l'une des meilleures scènes de l'album, on vous laisse la suprise de la découvrire, mais Alice à parfaitement réussit à intégrer le symbolisme psychologique et mythologique de cette séquence), jusqu'au territoire des géants et ses pics vertigineux. La confrontation au dragon (Fafnir) est donc repoussée au chapitre final Le crépuscule des dieux, dont la sortie est prévue normalement fin d'année prochaine. Mais il y a suffisament à faire avec ce second chapitre pour prendre notre mal en patience. La relation Siegfried / Mime est merveilleuse, c'est un vrai plaisir de voir ces deux là se chamaillés, les différents lieux visités sont d'une beauté à la fois chaleureuse et glaciale (en parfaite collération avec la cosmoginie nordique) et suscite l'emerveillement ainsi que l'envie pressente de rejoindre Siegfried et de suivre ses pas. Alice à également su contourner le piège de la représentation des géants, il en donne une version animiste subtile sans anthropomorphisme outrancié (il y a même un petit clin d'oeil à L'oiseau de feu de Stravinsky avec le geant du vent !). Un appel à l'aventure que nul aficionado de fantasy ne peut refuser. Plongez à nouveau dans le mythe à l'état brut, dans cet unviers archétypique ou rêve et réalité se confondent et ou ciel et terre s'accouplent sous les rayons d'un soleil couchant, beau comme une tragédie d'opéra... wagnérien bien sur  !

 

Cédric GENTAZ

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