Speed Racer, slow down !  posté le lundi 21 avril 2008 21:54

Speed Racer, slow down !

 

Comme je vous l'avais promit la dernière fois, je vais vous parlez de Speed Racer (adaptation live de la série animée japonaise éponyme créer par Tatsuo Yoshida) que Larry et Andy Wachowksi viennent juste de finaliser pour la sortie nord américaine prévu le 8 mai prochain. De notre côté chers lecteurs français il faudra patienter jusqu'au 18 juin pour pouvoir admirer le bolide plastique orgiaque que s'annonce Speed Racer.

 

Etant donné que nous n'avons pour le moment aucune info visuelle sur Avatar de James Cameron, excepté que le film devrait mélanger à peu près tout ce qui se fait en matière de SFX et de nouveaux procédés de mise en scène et bien plus encore, il nous faut nous concentrer sur notre futur le plus immédiat de notre medium chéri, je veux bien entendu parler de Speed Racer pour les retardataires.

A la vue des différents trailers, les internautes geek toujours avide de lançer des avis péremptoires sur leur infini savoir du language cinematrographique, n'ont pas hésité à qualifier et à éthiqueté Speed Racer comme simple rejeton de Spy Kids de Robert Rodriguez, ou encore de Charlie et la chocolatrie de Tim Burton, prouvant par la même leur total incompréhension a saisir un dispositif de mise en scène pensé. Car il est inutile de voir Speed Racer pour affirmer haut et fort qu'un seul plan du film des frères Wachowski vaut bien dix Spy Kids en brochette.

 

 

En bon petit branleur, Rodriguez n'a jamais ajusté les moyens expressifs des possiblités de sa caméra sur ses environnements texturés de la trilogie Spy Kids. Il s'est contenté de poser sa mise en scène inerte sur des surfaces sans relief qui ont pour effet de désamorcer les specificités du support, résultat ? Aplanissement des surfaces, pas d'organisation du regard dans la profondeur de champ et des perspectives (encore faudrait il qu'il y en aient !), et une vitalité du ressenti inexistante. Soit exactement tout l'inverse de la démarche artistique des Wachowski. La preuve la plus éclatante étant justement les trailers incriminés, pour ceux qui savent lire entre les images la claque est juste monumentale (on peut le dire sans trop se mouiller c'est même du jamais vu !).

Non content de botter le cul à leurs concurrents en leur montrant comment faire joujou avec du numérique (utilisant la technique de la 2D 1/2 poussée dans ses retranchements, mélange sophistiqué d'acteurs réels filmé sur des fonds verts et un système de projection en direct à 360°), un contingent de 300 animateurs travaillent comme des acharnés afin de retranscrire aux traits près les effets d'accélérations des lignes de fuite propre à toute animé japonais. Là où un Rodriguez aurait planté sa caméra sans recherche sensorielle, les Wachowski accompagne l'impulsion des effets à l'aide d'une profondeur de champ multicouche et des mouvements de caméra révélant toute une science de construction du cadre qui laisse très loin les petits faiseurs comme Rodriguez et Snyder (300 même inertie de la réalisation que dans Spy Kids et Sin City, impossibilité totale de penser en tridimension) pour ne citer qu'eux. Exemple sur la photo en dessous : gros plan sur le personnage de Speed Racer, ligne de fuite qui accélère à l'arrière plan, pano de la caméra de gauche à droite, le personnage laisse entrevoir un second arrière plan d'une course dont il est le pilote principal sur du sable avec une perspective fossée par des virages monstrueux, renforcant la profondeur de champ.

   Pour ce qui est de l'esthétique de Charlie et la chocolatrie, laissons les images parlées d'elle même, si ce n'est un univers coloré on ne voit absolument aucun rapport entre les deux oeuvres que ca soit dans leur partie pris plastique, aussi bien que dans leur ambition, même si les deux peuvent se vanter de taper dans la catégorie tout public. Il ne faudrait pas voir à mélanger le rococo de fêtes foraine à une oeuvre pop revendiqué. A la fusion de divers media Speed Racer semble bien parti pour synthétisé avec une éclatante audace près de 10 - 15 ans de tripatouillages dans les adaptations plus ou moins glorieuses de bds, mangas, comics et animés en live, et ainsi livrer le film terminal ou séminal du genre. Réponse sur la ligne de départ le 18 juin, vroum, vroum...Here we go !

Cédric GENTAZ

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Sélection dvd (mars 2008)  posté le mardi 11 mars 2008 18:15

Sélection dvd (mars 2008)

 

Bonjour à tous amis fidèles.

 

Aujourd'hui je vous ai concoté une petite sélection personnel de dvd (oui je sais normalement j'aurais du vous parlez de James Cameron et du futur du cinema mais ca sera pour la prochaine fois puisque quelques infos devraient être lachés sur Avatar dans les semaines à venir, sans oublier que je dois impérativement vous briefer sur Speed Racer des frères Wachowski !), et comme je suis très sympa j'ai décider de faire dans la démagogie pure et simple en éduquant nos chers têtes blonde pour qui le cinema commence en 1980 (quoi il avait des caméras dans les années 1940 ? Oui il en avait même en 1895 ! Roh {#}) en leur proposant de l'hydroclassique hollywoodien gravé sur galette ! Tous les films proposés sont dispos sur amazon pour les feignants {#}.

 

Double Indemnity (Assurance sur la mort) de Billy Wilder (1944)

On commence par cet über classique qu'est Double indemnity/Assurance sur la mort. A mon humble avis, le parangon du film noir insurpassable. Wilder donne au genre son modèle définitif. Le couple Fred MacMurray et Barbara Stanwyck (superbe blonde vénéneuse) est inoubliable d'opportunisme (l'un des grands thèmes de Wilder) et de misanthropie. Impossible d'échapper au piège se refermant progressivement sur des amants bien décidés à tuer un mari génant afin de toucher la police d'assurance de son décès qu'ils lui ont fait contracter dans son dos. Superbement photographié, le cynisme habituel du cinéaste fait des merveilles, aidé par les dialogues ciselés du scénariste Raymond Chandler qui adapte le roman de James Cain ! Copie parfaite du dvd édité chez Carlotta films, avec bonus passionant.

 

The man who shot Liberty Valance (L'homme qui tua Liberty Valance) de John Ford (1962)

Le seul et unique cinéaste americian qui peut se considérer comme le maître du western classique dans le sens le plus noble est bel et bien John Ford (Mr cinema americain en personne).  Les specialistes se disputent encore la suprématie du plus grand titre du maître. Même si The searchers (La prisonnière du désert) arrive régulièrement en tête, je ne serais que trop vous conseillez L'homme qui tua Liberty Valance. Dernier grand film de Ford, il est LE western crépusculaire qui marque la fin d'une époque. La loi du talion de l'Ouest sur le point d'être remplacer par l'ideal de justice démocratique. Le film oppose un cow boy sur le déclin à un avocat promit à une brillante carrière. Au centre de la confrontation de cette transition historique la figure poussièreuse du dernier grand salaud de l'Ouest : Liberty Valance. Avec John Wayne, James Stewart et Lee Marvin. L'homme qui tua Liberty Valance est une mise en abyme mélancolique bercé de désillusions sur les fondements même du mythe americain. Indispensable !

The night of the hunter (La nuit du chasseur) de Charles Laughton (1955)

Seul et unique film de Charles Laughton, La nuit du chasseur est le cas rare d'une oeuvre qui échappe à toute étiquette ! On a beau le connaître par coeur impossible de trancher si il s'agit d'un film noir, d'un cauchemar éveillé ou simplement d'une balade elegiaque de deux enfants poursuivit par un croque-mitaine interprété par un Robert Mitchum au bord de la démence. La puissance de cet écrin aussi noir que l'ébène est toute à la fois expressionniste, métaphysique et biblique. Le récit empruntant plusieurs voies et courants artistiques. Déconcertant à l'époque de sa sortie (aujourd'hui disséqué dans les écoles de cinema), Laughton payera cher son cuisant échec commercial et ne tournera plus jamais, se contentant de rester dorénavant devant la caméra comme acteur.

 

Vertigo (Sueurs froides) de Alfred Hitchcock (1958)

Comment envisager de faire une brève sélection de classique de l'âge d'or du cinema Hollywoodien sans citer Alfred Hitchcock, l'un des plus brillants auteur - formaliste du 7ème Art. L'oeuvre la plus obsessionnelle du cinema a accouché de montagnes d'exégèses, d'hermeneutiques, d'analyses psychanalitiques, et de conclusions peremptoires de spécialistes chromatique et de l'image à n'en plus finir.  Vertigo constitue ni plus, ni moins que le chef d'oeuvre esthétique et sémantique du maître. Peu de cinéaste peuvent se vanter d'avoir toucher un tel idéal de l'art, à la fois commerciale et expérimentale, mais aussi simplement universelle (on peut quand même citer Charlie Chaplin et Steven Spielberg !). Le mieux est encore de (re)découvrir le film vierge de toute axiome, et de se laissé bercer jusqu'au point de vertige souhaité par le cinéaste, une expérience qui vous fera revenir "d'entre les morts" {#}.

 

Un lien personnel d'une analyse qui ne l'est pas moins sur Vertigo :

http://www.lesiteducinephile.net/sortiesdvd/vertigo.htm

 

Le temps me manque chers cinéphiles, mais vous ne couperez pas à une nouvelle sélection de dvd le mois prochain. A bientôt...

Cédric GENTAZ

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Run motherfucker run !  posté le lundi 03 mars 2008 21:01

Run motherfucker run !

 

N'ayez crainte je ne vais pas vous parlez de Snoop Dog et encore moins de rap n'étant pas du tout calé sur le sujet.

 

Nous sommes ici pour évoquer un évènement beaucoup plus important. Rien de moins que le retour derrière la caméra du plus grand cadreur au monde, je veux bien entendu parler de John McTiernan. Disparut dans les méandres de l'enfer des "development hell" des studios Hollywoodien depuis ses échecs au box office que furent ses derniers films (Rollerball et Basic), McTiernan devait aussi remédier à quelques problèmes judiciaire dans l'affaire Pellicano. Ne revenons pas sur ce sinistre scandale ou le grand John avait mit son producteur de l'époque Charles Roven sur écoute pensant que ce dernier était entrain de défigurer par d'odieux procédés bureaucratique Rollerball qui fut le désastre critique et public que l'on sait (doublement douloureux que le film ne le méritait absoluement pas). Au final, même sans cette précaution (peu judicieuse certes), le métrage subit une coupe sévère aussi bien au niveau budgétaire et scénaristique (le dernier tiers avec la révolution armée dans les rues) qu'au niveau de son contenu en table de montage (édulcoré de toute nudité et sang lors de son exploitation salle). De bien vile conjoncture au vu des ambitions du remake du film bourgeois pseudo intello de Norman Jewison !

 

Mais revenons au présent, alors que McTiernan a trainé depuis Basic (2003) sur une succéssions de projets avortés (Deadly exchange, High Stakes, Honor Harrington), et qu'on ne croyait plus à sa participation au film Run annoncé l'année dernière avec Karl Urban pour la société Arclight films, les choses bougent enfin. Sortie de son imbroglio judiciaire, le maitre va enfin se remettre au boulot dès le 14 avril prochain en Argentine pour un budget de 35 millions de dollars. Et c'est bel et bien avec Run que McTiernan trouvera une issue sur nos écrans en 2009. Karl Urban, acteur monolithique au possible à été remplacé par le plus sympa et geeké (selon certains) Thomas Jane !

Le postulat de départ est simple, un agent d'Interpol est à la poursuite d'un suspect dans une affaire de meurtre. Il découvre au passage une importante conspiration frauduleuse. Le plus intéressant est le concept même du film, dont le scénario contiendrait rien de moins que 100 pages de courses poursuites automobile. Si l'on en croit le producteur, Run s'annonce comme "Un véritable thriller teinté d'action dans la plus pure tradition du cinéma de McTiernan avec d'époustouflantes cascades dans des endroits exotiques... Il y aura une poursuite de voitures proprement spectaculaire !". Il n'en faut pas plus pour avoir des montées d'adrenaline, on annonce près de 51 minutes de tutures en mode vroum vroum tout cela sublimé par McTiernan qui on l'espère aura cette fois la pleine possession de ses moyens (c'est a dire le final cut pour ceux qui n'aurait pas suivit). On rappel que Jan De Bont à l'époque de son Speed (1994) avait reçu officieusement l'aide précieuse de John McTiernan pour rendre plus musculé et habile son film dont on dit que McT aurait supervisé toujours dans l'ombre certaines séquences.

 

Pour fournir l'attirail de caisses necessaires à ce qui s'annonce comme un beau carnage en régle de taules froissées, des BMW et une Ford Super Mustang dernier cri seront de la partie. Relegué dans l'ombre de ses insuccès (enfin merde c'est le réalisateur de Predator, Die Hard 1 et 3, The 13th warrior), l'ensemble du systeme hollywoodien le condamne à devoir refaire ses preuves (du moins sur un plan financier). L'un des plus brillants "director" americain est donc dans l'obligation de regravire une à une les marches de la "bankabilité" pendant que des Len Wiseman, Brett Ratner et autres tacherons décrochent des budgets pharaoniques à tour de bras (même le fantôme de Ridley Scott disparu depuis Legend -1985 - continue a avoir de gros chéques pour tourner des choses plastiquement insignifantes - Une grande année et American Gangster sont ses deux derniers crimes !). Mais que voulez vous, nul n'est prophéte en son pays ! Run John run... .

 

Cédric GENTAZ

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